Mythes et réalités sur l'alcool au volant
Un grand nombre de mythes persistent malgré toute l'information qui circule depuis des années sur la consommation d'alcool et la conduite avec les facultés affaiblies.
« Je connais un truc pour faire baisser mon alcoolémie. »
Il n'existe aucun truc pour accélérer l'élimination de l'alcool. Seul le temps peut agir. Prendre une douche froide ou un café fort, ou encore courir ou danser ne diminue pas l'effet de l'alcool. C'est le foie qui élimine presque tout.
Pour dégriser, il faut donc attendre que le foie fasse son travail. Méfiez-vous des boissons énergisantes : elles masquent l'effet de somnolence causé par l'alcool, mais n'éliminent pas le fait que les facultés sont quand même affaiblies. Et cela, un policier peut en faire la preuve!
Rappelez-vous que l’alcoolémie continue de monter après le dernier verre : elle atteint son maximum une heure après que le verre a été bu.
« Je peux conduire une auto après avoir bu, tant que je ne roule pas sur un chemin public. »
Le Code criminel s'applique à tout véhicule motorisé, peu importe l'endroit où il circule. Si votre capacité de conduire est affaiblie et que vous conduisez une auto, une motoneige, un quad, un tracteur ou tout autre véhicule motorisé, vous pouvez être arrêté.
« J'ai bien mangé après avoir bu. »
Quand on consomme de l’alcool sans avoir mangé, il passe directement dans l’intestin, puis dans le sang et le cerveau. Le passage est sans obstacle et l’alcool monte rapidement à la tête. Manger après avoir bu ne change rien. L’alcool est déjà rendu dans le sang et il est trop tard. La poutine de fin de soirée n’a donc aucun effet sur l’alcoolémie!
« Je n'ai bu que des cocktails. »
Les cocktails ne sont pas toujours aussi légers qu'ils en ont l'air. Deux onces d'alcool, c'est deux onces d'alcool, peu importe qu'elles soient mélangées à du jus de fruits ou non. Méfiez-vous des mélanges faits « à l'œil ».
« En bas de 0,08, je ne risque rien. »
Ne vous fiez pas à une alcoolémie pour savoir si vos facultés sont affaiblies, car plusieurs autres facteurs peuvent entrer en ligne de compte : fatigue, stress, maladie, consommation de drogue ou de médicaments, etc.
Votre capacité de conduire peut être affaiblie même avec une faible alcoolémie, ce qui constitue aussi une infraction criminelle. Vous pouvez donc être arrêté avec une alcoolémie inférieure à 0,08.
Les policiers n’utilisent pas toujours l’appareil de détection d’alcool. Ils peuvent, par exemple, évaluer votre capacité de conduire en vous faisant passer des épreuves de coordination des mouvements. L’observation faite par le policier peut aussi suffire à ce que celui-ci vous mettre en état d’arrestation.
« J'ai calculé mon alcoolémie et elle est en dessous de 0,08. »
Les calculateurs d’alcoolémie (applications ou sites Web), les alcootests muraux (souvent placés à la sortie d’un bar ou près des toilettes), les alcootests maison ou les petits tubes à usage unique achetés à bas prix peuvent donner votre alcoolémie (s’ils sont en bon état, bien calibrés et correctement utilisés), mais ne mesurent pas votre capacité de conduire. Il est important de rappeler que le Code criminel ne punit pas seulement la conduite avec une alcoolémie égale ou supérieure à 80 mg par 100 ml, il interdit aussi la conduite avec capacité affaiblie, et ce, peu importe la quantité d’alcool dans le corps. Rappelez-vous aussi que l’alcoolémie continue de monter après le dernier verre : elle peut atteindre son maximum une heure après.
De plus, l’intolérance à l’alcool, la fatigue, le stress ou la prise d’autres substances (médicaments, drogues) ne font pas augmenter l’alcoolémie, mais amplifient ses effets. Vous courez ainsi beaucoup plus de risques d’avoir un accident ou d’être accusé de conduite avec les facultés affaiblies. Juste le fait de vous demander quelle est votre alcoolémie est un indice que vous ne devez pas prendre le volant. En résumé, retenez que la SAAQ déconseille l’utilisation des outils qui calculent l’alcoolémie, car ils ne donnent pas l’heure juste pour prévenir adéquatement la conduite avec les facultés affaiblies.
Les facultés affaiblies, ça commence avant 0,08!
« Ça fait une heure que je ne bois plus! »
On entend souvent dire qu’il est bon de ne pas consommer d’alcool pendant l’heure précédant le départ. Mais cela ne peut être valable que si vous avez limité votre consommation au minimum. Si une personne a trop consommé d’alcool, une heure d’attente ne change rien.
Pour éliminer complètement quelques verres, il faut plusieurs heures. Par exemple, pour éliminer 70 mg d’alcool par 100 ml de sang (0,07), il faut attendre près de 5 heures.
« Les garçons supportent mieux l'alcool que les filles. »
Pour une même quantité d’alcool consommée et à poids égal, les femmes ont généralement une alcoolémie un peu plus élevée que les hommes. Mais le sexe a une influence assez faible par rapport aux autres facteurs qui entrent en ligne de compte : poids, vitesse d’absorption de l’alcool par l’estomac, fatigue, prise de médicaments, etc.
« J’ai bu de l’alcool ou fumé un joint, mais je ne vais pas loin. »
Un grand nombre d’accidents ont lieu près de la maison. Lorsqu’une personne connaît bien le trajet, elle a tendance à relâcher son attention. Elle se met en mode « pilote automatique », ce qui diminue sa vigilance dans les différentes situations de conduite (feux, intersections, changements de direction, etc.). La personne a alors besoin de beaucoup plus de temps pour réagir à un imprévu, surtout si elle est sous l’effet de l’alcool ou de la drogue.
« C'est la faute des récidivistes! »
Il est facile de se déculpabiliser en se comparant à un récidiviste qui s’est fait arrêter avec une alcoolémie 2 ou 3 fois plus élevée que la limite permise. Pourtant, la majorité des infractions et des accidents liés à la conduite avec les facultés affaiblies sont le fait de personnes « bien ordinaires », de conducteurs qui en sont à leur première infraction et qui croyaient que se faire arrêter pour conduite avec les facultés affaiblies, ça ne pouvait pas leur arriver.
« C'est cool de boire et de conduire. »
Aucune raison valable ne peut justifier de conduire avec les facultés affaiblies. Ce n'est plus socialement acceptable ni cool de conduire après avoir consommé de l'alcool. Aujourd'hui, 98 % de la population dénonce ce comportement… et ça, c'est cool!
« Vaut mieux prendre les routes secondaires pour éviter les policiers. »
Lorsqu’on a consommé, on a tendance à emprunter des routes secondaires ou des chemins isolés pour éviter de rencontrer les policiers, mais les risques d’avoir un accident demeurent. De plus, les policiers ne sont pas naïfs, ils connaissent ces pratiques et surveillent également les secteurs moins fréquentés.
Dernière modification : 19 février 2026